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Y a t-il une psychologie du collectionneur ?
Auteur : Olivier Coron - Psychologue clinicien

Les collectionneurs ne fréquentent pas particulièrement le cabinet du psychanalyste, même si parfois, l'entourage épuisé par ce vice voudrait bien l'y conduire afin de l'en débarrasser ; et si d'aventure un patient évoque sa manie, c'est presque par hasard, au détour d'une phrase : ce n'est pas sa passion qui l'a amené à consulter.

Lorsqu'on les interroge, même les collectionneurs les plus enragés ont du mal à expliquer cette pulsion, cette frénésie de la collection dont ils ne peuvent faire l'économie et qu'ils minimisent parfois. Il ne comprennent pas eux mêmes leur penchant et l'émotion à l'oeuvre lorsqu'ils sont sur la piste d'un objet.

Le rapport du collectionneur à l'objet, son amour de la possession, les excès de sa ferveur qui l'isole parfois du monde, qui peuvent mettre en péril ses finances, l'écart qu'il y a souvent entre sa distance habituelle vis à vis des choses et son implication lorsqu'il s'agit de sa collection, sont autant d'éléments qui intriguent et pour lesquels psychologues, psychiatres ou psychanalystes sont appelés à la rescousse, invités à trouver des raisons expliquant les motifs de cette déraison.

Le danger d'une démarche d'éclaircissement, c'est lorsqu'elle se précipite sur l'énigme posée par le collectionneur en se situant essentiellement du coté de l'acte d'une part puis, lorsqu'elle cherche une explication causale qui vaudrait pour tous les collectionneurs d'autre part, ainsi, Marie Bonaparte, une des premières psychanalyste française, interrogée sur la question, répond par un : "c'est d'origine anale", ce à quoi nous pourrions répondre d'un "c'est un peu court".

Le psychanalyste américain Werner Muensterberger, auteur d'un ouvrage sur les collectionneurs , s'autorise aussi certains racourcis qui vaudraient pour tous les collectionneurs : "il n'existe pas de collectionnneurs moyen" ou bien "C'est une disposition qui provient d'un souvenir sensoriel (...) de privation, de perte ou de vulnérabilité, et d'un désir consécutif de substitution, étroitement associé à la morosité et à des tendances dépressives".

La signification causale, valable pour tous, a quelque chose de séduisant en ce qu'elle rabat le couvercle de l'énigme. Elle séduit parce qu'elle enlève de la complexité. Elle fait aussi l'économie du sujet, car après tout, si je connais la loi qui gouverne à leur insu tous les collectionneurs, je n'ai plus besoin d'écouter ce que chacun peut avoir à me dire sur sa passion.

Quel rapport peut-il y avoir en effet entre un enfant de six ans, amateur de coquillages trouvés sur la plage, amassant son trésor dans une boite à chaussures et les patriciens romains férus d'oeuvres grecques6 ? Les Chrétiens amateurs et amasseurs de reliques dès le XIVe siècle étaient-ils des collectionneurs au sens contemporain, ou cherchaient-ils le salut éternel ? Quel point commun entre l'adolescent collectionneur de pin's sous l'effet de mode, et le patient psychotique hospitalisé en psychiatrie pour collectionnisme ?

Nous partirons donc du postulat suivant : l'acte de collectionner n'a, en soi, aucune signification.

Cette hypothèse nous permettra d'abandonner la fascination que peut réprésenter l'acte7, pour tenter une approche phénoménologique, au sens ou nous tenterons de nous situer au plus prêt de la dynamique qui lie le collectionneur à son objet, ce qui pourra peut être alors nous rapprocher de ce qui se joue subjectivement pour le collectionneur, sans jamais tomber dans la facilité de l'explication causale, si courrante en psychologie et parfois en psychanalyse.


Pour aborder la dynamique du collectionneur, essayons de nous rapprocher d'une représentation commune du mot "collectionneur". Avec l'origine même du mot, nous avons ce qui correspond à une définition possible : le vieux français nous dit en effet que collectionner, c'est réunir. Ajoutons à cela que le trait commun qui définie la collection est toujours issu de l'arbitraire du collectionneur, même si ce qui relie les objets entre eux parait parfois être une évidence. En effet, si - par exemple - les pièces constituant le trésor du numismate semblent toute appartenir au monde de la monnaie, le choix fait par ce collectionneur d'un pays, d'une époque, d'un type de monnaie (papier ou pièce, or ou argent etc...) ramènent tôt ou tard à sa volonté de constituer une série selon ses choix personnels, les possibilités du marché ou ses finances ! A l'extrême, quel rapport y a t-il entre des tableaux issus d'époques différentes, si ce n'est le mot qui les désigne : tableau ? Quand au cabinet de curiosités du Cousin Pons, magnifiquement décrit par Balzac , il est constitué de trésors aussi disparates les uns que les autres : "des tableaux, des tabatières, des statuettes, des cadres, des sculptures en ivoire, en bois, des émaux, des porcelaines, etc " constituant sa collection "de chef-d'oeuvre en tout genre ".

Une collection serait donc un ensemble d'objets, désignée comme série par le collectionneur lui même.

Il manque pourtant à cette définition un aspect tout à fait essentiel, c'est que justement, ce qui fait d'une série d'objet une collection, c'est que ces objets ont une particularité : ils sont détournés de leur valeur d'usage. L'objet collectionné quitte le champ utilitaire pour rentrer dans celui de la pure possession, il perd, nous dit le sociologue Jean Baudrillard, "son statut social et prend un statut purement subjectif : il devient objet de collection".

En cela, un jeu de clefs à molette ne deviendra une collection qu'à la condition qu'il quitte l'atelier de bricolage pour rejoindre le musée personnel.

Citons pour anecdotes le duc de Richelieu, ministre de Louis XVIII, qui n'a jamais fumé et qui possédait une collection de pipes qui garnissait sa maison, ou bien sir Thomas Phillipps, un bibliophile Anglais qui s'était mis en tête d'avoir un exemplaire de tous les livres du monde .

Nombreux sont les collectionneurs qui se défendent d'évacuer la fonctionnalité de l'objet au profit de la pure possession dans une série : certaines collections se prêtent évidement plus à cette défense que d'autres, ainsi, il est plus facile pour un amateur de 33 tours de soutenir qu'il lui arrive d'écouter régulièrement ses milliers disques, qu'à un philatéliste qu'il utilise ses timbres pour sa correspondance !

On peut aussi s'interroger sur ces collections qui n'ont d'autres finalités que spéculatives : les personnes qui pratiquent ce genre de placements sont-elles des collectionneurs au sens ou nous en parlons aujourd'hui? A l'inverse, certains collectionneurs utilisent le paravent de la spéculation pour justifier leur passion.

Dans ses nombreux ouvrages sur les collectionneurs, le commissaire priseur et académicien Maurice Rheims évoque ce qu'il appelle "la religion de l'objet", il nous décrit par exemple:"Ce collectionneur d'oeufs en porcelaine, en pierre dure ou en matière précieuse qui trouve que Dieu n'a jamais créé de forme plus belle, ni plus singulière et qu'il l'a imaginé pour la seule joie des collectionneurs ".



De prime abord, c'est donc cet étrange détournement de la valeur fonctionnelle de l'objet qui ferait du collectionneur un original.

Pourtant, ce détournement, il est notre lot à tous : le psychanalyste Serge Tisseron en a même fait le sujet d'un de ses livres intitulé "Comment l'esprit vient aux objets ". Que dit Tisseron ? Il soutient l'évidence même, à savoir que nous sommes tous entourés d'objets qui n'ont d'autre fonction que d'être les supports de notre mémoire, de notre existence : un livre que nous ne relirons jamais mais dont nous ne nous débarasserions pour rien au monde, un morceau de bois ramassé sur un plage qui n'ira jamais rejoindre les buches dans la cheminée, ou encore quelques francs (français !), vestiges oubliés d'une autre époque. Ces objets n'ont d'autre fonction que d'être là, à nos coté, sorte de prolongement de nous même.

Ce n'est donc pas uniquement du coté de ce détournement de la valeur d'usage que nous allons saisir quoi que ce soit de la spécificité du collectionneur et ce n'est pas non plus seulement du coté de cette charge affective, de cette subjectivation de l'objet que je viens de vous décrire. Non, là ou ce situe la particularité vivide du collectionneur, c'est autour d'un point unique : la constitution d'une série.

Ce point n'est pas sans conséquence. Il signifie quelque chose d'essentiel, quelque chose qui justement donne toute son étrangeté, son mystère, son paradoxe au collectionneur : c'est qu'à partir du moment ou l'essentiel tourne autour de la constitution de la série, l'objet n'est, en quelque sorte, qu'un faire valoir.

La Bruyère, dans ses portraits, nous parle d'un collectionneur d'estampes : "J'ai, dit-il, une sensible affliction, et qui m'obligera de renoncer aux estampes pour le reste de mes jours: j'ai tout Callot, hormis une seule, qui n'est pas, à la vérité, de ses bons ouvrages. Au contraire, c'est un de ses moindres, mais qui m'achèverait Callot. Je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe, et je désespère enfin d'y réussir ; cela est bien rude !".

En somme, le collectionneur n'est pas fétichiste, il ne recherche pas l'objet comme une finalité en soi, il ne vénère pas l'objet pour lui même, mais l'objet comme élément constituant de la série, comme pièce supplémentaire de son bric à brac.

Ainsi l'abbé de Marolles, qui possédait en 1666, 123 400 gravures reliées en plus de 500 volumes avait-il le temps le des apprécier une à une ?

Parfois, l'objet lui même n'existe pas, Maurice Rheims évoque "le cas d'Abel Hermant qui a, sa vie durant, collectionné les imperfections grammaticales . L'évolution des techniques de notre monde moderne ont fait d'ailleurs naître des collectionneurs d'objets virtuels, rangés dans la mémoire des ordinateurs, des milliers de morceaux de musiques ou de films téléchargés légalement ou piratés, constituant des bibliothèques sonores et visuelles si conséquentes, que ces collectionneurs d'un genre nouveau reconnaissent eux même que le temps ne suffira jamais pour écouter, pour voir tout ce qu'ils possèdent. Pourtant les téléchargements continuent ; ainsi, l'un d'entre eux me confiait récemment qu'il posséderait bientôt l'intégrale des films de John Wayne. Devant mes questions sur le temps que cela devait représenter pour les regarder tous, il m'avouait, sans être lui même convaincu, que son temps manquait mais que l'important était de les avoir, pour plus tard...

Pour autant, n'allons pas trop loin dans cette idée, le collectionneur ne choisi pas le thème de sa collection par hasard, dans cette quête, le choix de l'objet n'est pas anodin, les effets de groupe (souvenons nous de la mode des pin's), le milieu social, la nostalgie, le besoin de reconnaissance, ou encore la valeur symbolique de l'objet déterminent la collection. Jean Baudrillard nous a bien montré par exemple, qu'à travers l'achat d'un meuble ancien, c'est une valeur patrimoniale dont l'acheteur fait l'acquisition, l'objet ancien, nous dit Baudrillard : "N'est pas afonctionnel ni simplement décoratif, il a une fonction bien spécifique dans le cadre du système : il signifie le temps". Le succès des disques de musique classique à très bas prix vendu en supermarché s'inscrit peut être parfois dans cette même dynamique au sens ou ces séries sont peut être plus achetées pour le prestige propre au classique, que pour l'intérêt musical .

Ainsi, M. Seven, diplomate et ministre d'état de la France du XIXe siècle, appela son domestique peu de temps avant sa mort "J'ai des soucis car je vais bientôt quitter cette terre, et je n'ai pas de bibliothèque ; de grâce allez vite m'en acheter une. Que dira -t-on de moi si on n'en trouve pas à mettre dans mon inventaire ?".

Mais revenons sur la série comme point nodal de la collection. Si effectivement, la quête du collectionneur n'est pas celle de l'objet pour lui même mais de l'objet comme constituant d'une série, cela, on va le voir, n'est pas sans effet.

Nous pouvons situer le collectionneur dans un entre-deux : il y a d'une part ce qu'il a déjà acquis, mais il y a aussi ce qui lui reste à acquérir, ce qui constitue sa quête, dans l'espoir parfois illusoire de terminer la série. Cet entre-deux n'est pas une position simple parce que d'une part elle maintien la tension constante, mais aussi parce qu'elle signifie qu'il y a toujours quelque chose de raté dans le rapport à l'objet lui même, et que même si durant un temps la nouvelle acquisition va calmer les choses, rabaisser la tension en quelque sorte, la recherche d'un nouvel objet relance la dynamique comme au premier jours.

Le collectionneur naviguerait donc sur le flot de l'insatisfaction sans jamais pouvoir se reposer sur la berge de l'assouvissement.

Ce qui l'épuise, ce n'est en effet pas tant les objets qu'il possède, que ceux qu'il rêve de posséder. Alors que consommateur de notre société moderne flirte d'un achat à l'autre, espérant sans trop y croire que ses acquisitions calmeront ses frustrations, le collectionneur lui, ne cesse de le dire : il sait ce qui lui manque ! Les listes toujours renouvelées d'objets recherchés et diffusées dans le monde entier l'attestent.

Dans son ouvrage sur les collectionneurs, Maurice Rheims évoque le cas de ce jeune homme dont "la seule joie était de réunir toutes les éditions de La Fontaine. Il ne lui manquait pour être heureux qu'un exemplaire des Contes illustré par Fragonard. Apprenant que cet exemplaire était entre les mains d'une veuve, il demande à lui être présenté, lui fait part de son désir d'acquérir ce volume. Malgré des offres élevées, elle refuse. Comme elle était riche, pleine de vie, qu'elle n'avait guère plus de cinquante ans, le bibliophile passionné se résoud à lui faire la cour la plus assidue. Il lui déclare sa flamme, elle y répond, ils convolent en justes noces. Peu de temps après, ce jeune homme, de constitution délicate, s'éteignait, désespéré : il s'était aperçu que les dessins n'étaient que des pastiches remarquablement exécutés au XIXe siècle ".

Les excès dans la constitution de la série, l'abnégation que ce petit exemple illustre, nous renvoie à l'autre versant de cet entre-deux évoqué tout à l'heure : le collectionneur est frustré de ce qu'il ne possède pas encore, mais son trésor capitalisé, sa "série - 1" (moins un) semble posséder un effet d'appaisement souvent évoqué dans la littérature.

De nombreux auteurs parlent de la collection comme d'une sorte de miroir du collectionneur lui même, Maurice Rheims nous dit qu'elle est "un être vivant", ou bien "son enfant unique", Gérard Barrière, critique d'art en parle comme "d'une création personnelle, témoignant des gouts et des passions d'un homme, au même titre que toute oeuvre d'art ".

Nous avons vu que la quête du collectionneur - et c'est ce qui le caractérise - occupait son existence, le situait dans un entre-deux, du coté d'une certaine instabilité. La question cruciale est donc au bout du compte la suivante : le musée du collectionneur peut-il être un havre de paix ? Trouve t-il dans cet univers qu'il s'est constitué un point de chutte, un refuge, qui le ferait quitter cet entre-deux, qui le ferait lacher un temps sa quête ?

Le psychanalyste Muensterberger pense que la logique du collectionneur s'élucide effectivement dans son musée, c'est à dire dans son rapport à l'objet lui même. Ses acquisitions lui donne un soutient et, dit-il : "un renforcement narcissique ". En cela, Muensterberger rejoint Balzac, qui nous dit du Cousin Pons qu'il "trouva dans les plaisirs du collectionneur de si vives compensations à la faillite de la gloire, que s'il eut fallu choisir entre la possession de ses curiosités et le nom de Rossini, le croirait-on ? Pons aurait opté pour son cher cabinet ".

Il y a pourtant un trait suplémentaire qui donne à la dynamique du collectionneur tout son relief et qui - peut-être - à une toute autre lecture sur l'enjeu de sa quête. Ce point est le suivant : l'achèvement de la série, constituant la fin de la collection, ne constitue en rien la fin du collectionneur !

On se souvient par exemple de l'acteur Alain Delon, qui dans les années 80, liquide sa collection de tableaux aux enchères, collection finie selon lui. Mais pourquoi un tel geste après tant d'heures pour consituer un tel trésor ? La réponse nous est parvenue par voie de presse : l'acteur liquide ses tableaux pour entamer une collection de statuettes !

Maurice Rheims évoque cette lassitude du collectionneur parvenu au but "à regarder les objets qui lui ont demandé des années de recherche". Il cite "L'abbé de Marolle ou Caylus, qui aux siècles passés ont réuni avec passion des collections admirables, s'en séparent sans regret dès qu'ils les ont terminées".

Certaines collections se prêtent plus facilement à l'achèvement que d'autres : il est en effet plus facile de "réaliser" l'oeuvre complète de Proust, qu'une collection de fossiles.

Le cas des collections complètes vendues aux enchères, justement peut être, parce qu'elles étaient achevées, n'est pas rare. On peut déjà saisir dans cet acte de vente le signe d'une forme de déception, voir un ratage. Déception entre l'image que le collectionneur se faisait de son trésor lorsqu'il serait complet, et le spectacle incomplet de sa collection finie .

Mais un autre aspect se dégage aussi de cet acte de vente au bénéfice d'une nouvelle collection à venir : ne signifie t-il pas finalement que le but du collectionneur, c'est la quête elle même ? La série qu'il constitue, n'est elle pas l'alibi, l'arbre qui cache la forêt ? Car au bout du compte, cette série, n'est ce pas elle qui donne tout son sens à la quête ?

Sigmund Freud, grand collectionneurs d'objets antiques, comprenant environ mille neuf cents objets, n'écrit-il pas en 1938 à Jeanne Lampl de Groot qu'une "collection à laquelle plus rien ne s'ajoute est à proprement parler morte ".

Nous touchons alors peut être là le point nodal en jeu dans la collection : sa quête interminable - puisqu'au bout du compte le collectionneur trouve toujours quelque chose à collectionner - cette recherche inassouvie, n'implique t-elle pas de la part du collectionneur une position subjective particulière ? C'est à dire la position d'un sujet occupé à ses pensées, accaparé à sa quête, se projettant toujours dans un ailleurs, un ailleurs de l'appaisement qu'il n'atteindra jamais puisqu'on la vu, ce n'est pas ça qui est visé.

Dès lors, son refuge, ce n'est pas son cabinet de curiosité, son refuge c'est la quête elle même, lui permettant peut-être alors à un "pas de coté existentiel", le sujet - en quelque sorte - se désimpliquant du monde dans cette implication sans fin.

       
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